Le Cuir
ce qu'il faut savoir
Parce que tout le monde le connaît mais que peu de personnes savent en fait de quoi on parle, voici quelques éclairages pour mieux connaître le monde mystérieux du Cuir.
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Qu'est ce que le cuir ?
Le cuir est un matériau qui a traversé les siècles et qui continue d’exercer une influence considérable sur notre mode de vie moderne. Depuis les temps préhistoriques jusqu’à l’ère contemporaine, le cuir a joué un rôle essentiel dans notre habillement, notre protection et notre esthétique.
Le cuir est le résultat de la transformation par le tannage d’une matière putrescible, la peau, en une matière imputrescible, le cuir. Cette métamorphose s’opère grâce au savoir-faire des tanneurs et des mégissiers.
Sans l’industrie du lait et de la viande, le cuir n’existerait pas.
Sans l’industrie du cuir, la peau ne serait qu’un déchet de plus à traiter et à éliminer.
Par définition, sont donc exclues de cette dénomination toutes les matières non issues de la transformation de la peau animale.
Le cuir, 1er geste de recyclage de l'Histoire
Que reproche-t-on au Cuir ?
Son origine animale provoque un rejet absolu de la part des partisans du végan. Malheureusement, de nombreuses fausses vérités circulent à son sujet. Il est fondamental de rappeler qu’on ne tue pas un animal pour faire du cuir, et que le cuir est un « déchet » revalorisé de l’industrie agroalimentaire, ce qui en fait la première industrie du recyclage.
Avec 300 millions de tonnes de viande consommées chaque année dans le monde, l’incinération ou l’enfouissement des peaux serait une catastrophe environnementale.
Ce procès est d’autant plus injuste que le cuir est « vivant ». C’est une matière sensuelle, hautement sensorielle, mais qui est aussi par nature résistante, imputrescible et respirante. De plus, certaines innovations l’ont rendu déperlant, lavable en machine, imprimable, parfumé ou même extensible.
Cuir et éco-responsabilité
Le cuir est une matière légitimement écoresponsable, car c’est un produit issu de la revalorisation d’un déchet existant. Tant que la population mondiale consommera de la viande, cela aura un sens de transformer les peaux brutes en cette matière noble qu’est le cuir.
Par définition, sont donc exclues de cette dénomination toutes les matières non issues de la transformation de la peau animale.
D’autant que les appellations « cuir végan », « éco-cuir » ou « cuir végétal », apparues ces dernières années, sont souvent moins écoresponsables qu’on ne le croit. Ces produits se réclament du cuir sans qu’on sache toujours très bien en quoi cela consiste en réalité.
Les abus de langage sur le Cuir
Comme précisé dans le précédent paragraphe, le cuir est par définition issu de la transformation de la peau animale (aquatique ou terrestre).
Ainsi, sans remettre en question la qualité de ces produits ni les progrès faits en la matière, ses variantes ne sont que des imitations de cuir. C’est le cas des matières issus de composants végétaux, et végan.
De la même manière, les matières en cuir recyclé sont fabriquées à partir de chutes de cuir broyées et mélangées à des composants tels que le caoutchouc ou le latex. Cela en fait un produit ultra transformé dont les caractéristiques (souplesse, grain, noblesse) n’ont plus rien à voir !
Toutes ces nouvelles matières, ont été d’abord créées pour remplacer le simili-cuir qui est, lui, 100% d’origine chimique. Mais ils en contiennent toujours une partie plus ou moins importantes selon leur combinaison. Ils ne sont donc pas bio dégradables.
Une étude allemande du FILK révèle « qu’aucune de ces matières alternatives ne présente les qualités naturelles du cuir en matière d’usage, de longévité et de résistance à la craquelure, à la perméabilité, à l’absorption de l’eau et à la déchirure ».
Rien ne vaut le Cuir.
Un long travail de préparation
1/ Action du sel
Les peaux fraîches sont salées afin d’éliminer l’eau des tissus et ainsi de ralentir la dégradation causée par le développement des micro-organismes présents : du sel de mine grossier de granulométrie de 2 à 3 mm de diamètre est utilisé et des agents antiseptiques peuvent être ajoutés. Lors du salage, les peaux peuvent perdre jusqu’à 10 % de leur poids en eau. Les peaux sont empilées de façon à faciliter l’écoulement de la saumure dans un local avec une humidité relative de 70 % à 90 %. La température est maintenue aux alentours de 10 °C pour améliorer la conservation des peaux.
Au bout de quinze jours, les peaux sont dessalées, examinées une à une et triées en fonction de leur épaisseur, du nombre de défauts, de la présence de cicatrices ou encore en fonction de leur poids et de leur surface.
2/ Travail de rivière
Une fois la peau arrivée à la tannerie, elle subit le « travail de rivière » qui est une succession de cinq opérations :
- Le trempage (ou reverdissage) : la peau est ré-humidifiée pour retirer les impuretés et les souillures
- L’épilage/pelanage : retrait des poils et de l’épiderme grâce au pelain
- L’écharnage : à cette étape, on retire le tissu sous-cutané mécaniquement avec une écharneuse
- Le confitage : l’élastine est éliminée grâce à des enzymes qui vont aussi finir de nettoyer la surface des peaux
- Le picklage : à ce stade, les peaux sont encore putrescibles, pour les préparer à l’étape de tannage ou pour les conserver, elles sont acidifiées et salées pour leur retirer de l’eau
3/ Tannage
Le tannage est l’opération la plus importante qui consiste à transformer la peau d’animal en cuir grâce à des tanins, substances de différentes natures qui permettent de passer d’une peau putrescible, sensible à l’eau chaude et très hydratée à une matière imputrescible, résistante à l’eau chaude et peu hydratée.
Les deux principales familles de tanins pouvant être utilisées pour le tannage des peaux sont :
- tanins minéraux : (chromeIII, aluminium, zirconium, fer, etc…)
- tanins végétaux (chêne, châtaignier, quebracho, mimosa, tara, sumac, myrobolan, etc…)
4/ Corroyage
Le corroyage du cuir est un ensemble d’opérations de finissage, couramment pratiqué pour la cordonnerie. Ces opérations sont effectuées après le tannage, à l’aide d’outils spéciaux : bigorne, butoir, couteau à revers, demi-rond, drayoire, étire, lunette, marguerite ou paumelle, paroir. Elles affectent les propriétés chimiques et mécaniques du cuir : assouplissement, finissage de surface.
Le cuir peut ainsi subir les traitements suivants :
- un essorage, qui permet d’enlever une quantité d’eau dans les peaux tannées pour pouvoir manipuler les cuirs
- un tri : les cuirs sont classés en fonction des défauts de surface
- la refente et le dérayage : le cuir est aminci pour avoir l’épaisseur souhaitée
- le retannage, la teinture et la nourriture : le cuir est retravaillé suivant son utilisation finale : tenue, densité, couleur et souplesse sont ajustées
- un essorage ou mise au vent, qui permet d’avoir des cuirs plats
- un séchage, étape pour obtenir un cuir sec
- le palisson, qui permet d’assouplir les cuirs.
5/ Finissage
À cette étape, le cuir va acquérir des propriétés spécifiques, notamment sur la texture et son aspect. Ces propriétés permettent d’uniformiser les cuirs issus de la production. Selon les utilisations, on distingue le finissage aniline, semi-aniline et le finissage pigmenté.
Le finissage aniline met en valeur la surface du cuir en le recouvrant d’un produit transparent. C’est un cuir qui a un très bel aspect, mais dont l’entretien demande une attention particulière; la couleur prend sa patine au fil temps, cela veut dire que entre le bain de teinte et l’usage, la couleur varie.
Le cuir semi-aniline est couvert d’une couche de pigment légèrement opaque et d’une couche de produit translucide, ce qui permet de cacher de petits défauts; la couleur prend sa patine au fil temps; cela veut dire que entre le bain de teinte et l’usage, la couleur varie.
Le cuir pigmenté est uniquement recouvert d’une couche de pigments opaque. Il est facile de l’entretenir et peu sensible à l’eau.
Le tannage végétal, c'est quoi ?
Le tannage est l’étape qui transforme les peaux en cuir. Les tanins permettent de rendre les peaux imputrescibles et résistantes. Le tannage végétal est la méthode naturelle et la plus ancienne : elle utilise des végétaux tanniques comme les plantes, les écorces ou les baies.
Elle permet aussi de colorer les peaux, comme les teintures naturelles le font avec les vêtements.
Une matière issue de cette méthode de tannage n’est pas une “alternative végétale au cuir” car elle reste issue de peau d’animal, seul son tannage est végétal. Il ne faut pas la confondre avec les alternatives au cuir à base de fibres végétales, qui ne peuvent, elles, bénéficier de la terminologie “cuir”.
Le tannage végétal est une alternative plus écologique pour teindre le cuir que le tannage minéral classique au chrome. Il est non toxique, 100% biodégradable, et utilise une majorité d’ingrédients naturels (écorces, coques de fruits, plantes), contrairement au tannage conventionnel dont l’origine est pétrochimique, synthétique.
Les deux principaux types de Cuir
LA PLEINE FLEUR : LE MEILLEUR DU CUIR
La fleur représente le dessus de la peau, en d’autres termes, l’épiderme. Elle fournit généralement un cuir de haute qualité qui multiplie les atouts : résistance, souplesse, douceur.
Le cuir pleine fleur est une texture de cuir qui a donc préservé la partie supérieure du derme ainsi que le follicule pileux de l’animal. Cette partie de la peau renferme des fibres plus denses et permet de produire les plus beaux cuirs. La fleur, qui est cette partie externe du derme « côté poils », offre une certaine résistance et une durabilité au cuir. On parle alors de « cuir pleine fleur » quand on utilise toute son épaisseur et que l’on conserve son aspect naturel.
Le cuir pleine fleur est reconnaissable puisque c’est un cuir naturel, qui a gardé la surface supérieure de la peau de l’animal intacte. Il affiche donc généralement le grain naturel de la peau, ainsi que toutes ses irrégularités, comme les rides naturelles, les griffures, creux, égratignures ou encore les cicatrices.
À noter qu’il existe également la fleur corrigée qui est une partie du cuir entre la fleur et la croûte légèrement poncée pour donner un aspect uniforme et plus homogène au cuir. Cependant, cette finition fait perdre au cuir son aspect naturel, son toucher ainsi que certaines de ses qualités comme son extrême durabilité et sa tenue dans le temps.
LA CROÛTE DE CUIR
La croûte de cuir désigne la couche interne du derme, c’est-à-dire son « côté chair ». Elle est obtenue par refente de cuir épais en deux feuilles. Ce procédé permet notamment aux fabricants de doubler la surface de peau utilisable.
La croûte est issue du dessous de la peau, ses propriétés sont donc différentes de celles de la fleur. C’est la raison pour laquelle la croûte de cuir n’a pas la même apparence que le cuir pleine fleur. Elle ne va en effet plus avoir l’aspect d’un cuir lisse mais afficher au contraire une certaine raideur. La croûte de cuir est davantage « brute » et moins douce que la fleur.
NUBUCK, DAIM : LE CUIR SUÉDÉ
Nubuck, daim et cuir suédé : quelle est la différence ?
En boutique comme sur internet, ces termes sont souvent utilisés à tort et à travers, tant et si bien que le néophyte est rapidement perdu. Expliquons tout cela :
LE CUIR SUÉDÉ (aussi appelé suède)
Ce n’est pas un type de peau. C’est un terme générique qui ne définit rien d’autre qu’un cuir qui n’est pas utilisé côté « pleine fleur » (c’est-à-dire côté lisse). C’est un anglicisme de plus en plus utilisé qui reprend l’expression « suède » (prononcez « sweid ».) qui désigne un type de cuir à la surface douce et brossée. On le traduit généralement par « daim ».
LE DAIM
Si historiquement on utilisait bien du cuir de daim, il ne s’agit évidemment plus de l’animal, qui est une espèce désormais protégée, mais bien d’un autre terme générique. Un article en daim est simplement un article en cuir qui n’a pas un aspect lisse, mais peau.
LE NUBUCK
C’est un cuir pleine fleur, mais cette fois-ci, on utilise la partie externe de la peau. Elle a été poncée et brossée, pour obtenir un effet duveteux très doux et une matière très souple. Si le brossage a été suffisamment léger, on distinguera le grain du cuir. Un nubuck initialement bien nourri aura ce toucher cireux si agréable qu’on appelle parfois « toucher bougie ».
Pour résumer, le suède désigne aussi bien le daim que le nubuck. Ces cuirs, quand ils sont issus de la fleur, sont choisis pour leur qualité, leur finition et leur rendu. Ce sont des matières douces, moelleuses, souples et plus confortables que les cuirs dits lisses.
Le cuir suédé est-il fragile ?
Il est la cible de bon nombre d’idées reçues. Il se tacherait à la moindre goutte de pluie, s’abîmerait rapidement et demanderait un entretien bien trop fastidieux.
LE DAIM CRAINT L’EAU : UNE LÉGENDE
Vous rappelez vous comment est fabriqué le cuir ? La peau est soigneusement nettoyée puis passe par divers processus dont le tannage. Cette étape est primordiale puisqu’elle va rendre la peau imputrescible et résistante. Le procédé est plus ou moins long selon la technique employée, mais retenez ceci : le futur cuir va baigner des heures voire des semaines dans l’eau ! C’est pourquoi les cuirs suédés ne craignent pas l’eau.
Ce type de peausseries ne craint que deux choses, les taches de graisse et l’usure.
Notons aussi que si le suède ne craint pas l’eau, il n’est toutefois pas imperméable. D’où la nécessité de le traiter pour lui ajouter cette qualité supplémentaire.
Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuir https://conseilnationalducuir.org/ https://leatherfrance.com/